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Placements financiers : les frais continuent de baisser, les ETF creusent l'écart

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Selon une note de l'Autorité des marchés financiers publiée fin avril, les frais moyens des fonds, comptes-titres et PEA ont reculé en 2025. Une bonne nouvelle pour les épargnants, mais qui ne doit pas masquer l'écart structurel entre gestion active et fonds indiciels.
 

Les épargnants ont une raison supplémentaire de regarder de près le détail de leurs placements. Selon une note publiée fin avril par l'Autorité des marchés financiers (AMF), les frais des organismes de placement collectif (OPC, communément appelés « fonds »), comme ceux des comptes-titres et des plans d'épargne en actions (PEA), ont continué de diminuer en 2025. Cette tendance, à l'œuvre depuis plusieurs années sous l'effet conjugué de la pression réglementaire et de la concurrence des acteurs en ligne, redessine progressivement le paysage de l'épargne financière. Pour un client accompagné, les économies potentielles sur la durée sont loin d'être négligeables.
 

Fonds actifs : la baisse se poursuit, mais les ETF restent loin devant
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En moyenne, les épargnants ayant investi dans un OPC ont supporté 1,06 % de frais courants l'année dernière, contre 1,16 % en 2024 et 1,18 % en 2023, hors commissions de surperformance. En intégrant ces commissions, prélevées par les gérants de certains fonds lorsqu'ils dépassent un seuil de performance prédéfini,, les frais totaux atteignent 1,37 % en 2025 contre 1,47 % en 2024. La trajectoire est claire : la gestion active rogne progressivement ses marges face à la concurrence.
 

Mais l'écart avec les fonds indiciels ne se résorbe pas, au contraire. Les ETF (exchange traded funds) n'ont prélevé en moyenne que 0,33 % de frais l'année dernière, après 0,36 % en 2024. Sur un horizon de placement de quinze ou vingt ans, ce différentiel d'environ un point par an se traduit par une différence de capital final qui peut atteindre 20 à 25 % à montant investi équivalent. Pour un épargnant, ce constat ne dispense pas d'une analyse fine : les ETF et les fonds actifs ne couvrent pas toujours le même périmètre, et un fonds activement géré peut justifier ses frais sur certaines classes d'actifs spécifiques (small caps, marchés émergents, thématiques de niche). Mais sur les grandes expositions de marché — actions américaines, européennes ou mondiales —, l'arbitrage en faveur des ETF s'impose aujourd'hui dans la plupart des allocations cœur de portefeuille.
 

Comptes-titres et PEA : la concurrence des néobrokers fait bouger les lignes
L'investissement boursier en direct devient lui aussi moins coûteux. L'AMF distingue deux familles de courtiers : les banques de réseau d'un côté, les acteurs en ligne de l'autre. Les premières, sous la pression concurrentielle, ont opté pour une stabilité de leurs grilles. Pour le passage d'un ordre de 1 000 euros, elles facturent en moyenne 0,65 % via un compte-titres et 0,49 % via un PEA. Sur cinq ans, la baisse est nette pour les comptes-titres (0,79 % il y a cinq ans). Les PEA sont en revanche quasiment au plafond réglementaire de 0,50 %. Attention aux commissions minimales de 5 à 12 euros, qui pèsent lourd en pourcentage sur les petits ordres : un ordre de 100 euros peut ainsi coûter 5 à 12 % en frais effectifs.
 

Les acteurs en ligne, banques et courtiers traditionnels du web, et plus récemment néobrokers opérant souvent depuis un autre pays de l'Union européenne, exercent une pression continue. Les néobrokers vont parfois jusqu'à la gratuité du passage d'ordres, mais cette générosité apparente se voit fréquemment conditionnée à un plan d'investissement programmé, restreinte aux ETF, ou limitée à un seul ordre mensuel. Les frais de change et de correspondants, ainsi que la taxe sur les transactions financières, restent dus. Sur les ordres facturés, les écarts vont de 0,05 % à 1,27 % selon les volumes, contre 0,15 % à 2,59 % pour les acteurs en ligne traditionnels.
 

L'AMF rappelle au passage les obligations de transparence des professionnels : le détail des frais doit être communiqué périodiquement à l'épargnant et avant tout conseil ou toute transaction. Coûts du service, du produit, rétrocessions reçues par le distributeur,  l'ensemble doit figurer en pourcentage et en euros, sur la base du montant réellement investi. Le document d'information clé pour l'investisseur (DICI) et le rapport annuel de gestion restent les sources de référence. Une étape supplémentaire se profile : l'ACPR pousse depuis plusieurs années les assureurs à éliminer des contrats d'assurance vie les fonds présentant les rapports frais-performance les plus défavorables, et un travail similaire devrait s'ouvrir prochainement sur les frais des contrats eux-mêmes. Pour un client accompagné, le passage en revue annuel des frais réellement supportés, fonds, enveloppes, mandats, courtage, fait partie des leviers d'optimisation les plus accessibles et les plus durables.
 

Source : Autorité des marchés financiers, note sur les frais des placements financiers, avril 2026.