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L'assurance vie encaisse 28,7 milliards en cinq mois et laisse le Livret A décrocher

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Portée par les unités de compte et par la vague des vieux plans épargne logement qui arrivent à terme, l'assurance vie signe un début d'année 2026 que le Livret A, en pleine décollecte, ne parvient plus à suivre.
 

Au guichet des banques et des assureurs, la hiérarchie de l'épargne des ménages se lit désormais sans ambiguïté. Pendant que le Livret A a laissé filer 5 milliards d'euros sur les cinq premiers mois de l'année, l'assurance vie a continué d'aspirer les capitaux. En mai, sa collecte nette a atteint 4 milliards d'euros, selon les chiffres de France Assureurs repris par le Cercle de l'Épargne. Un niveau supérieur de 0,3 milliard à celui de mai 2025, en repli sur le pic d'avril à 5,2 milliards, mais très au-dessus de la moyenne des dix dernières années, calée à 1,4 milliard.
 

Le placement préféré des Français profite d'un environnement qui joue contre l'épargne réglementée et les dépôts à terme, jugés peu rémunérateurs, au moment où la propension des ménages à épargner reste élevée. Sur cinq mois, la collecte nette grimpe à 28,7 milliards d'euros, en hausse de 7,3 milliards sur un an. Les unités de compte en captent l'essentiel, avec 21,6 milliards, contre 7,1 milliards pour les fonds en euros. La séquence mérite d'être resituée dans le temps long : depuis le début du siècle, le mois de mai n'a connu que trois décollectes, en 2012, en 2020 et en 2023, chacune inférieure à deux milliards d'euros. Le millésime 2026 s'inscrit donc à l'opposé de ces épisodes de reflux.
 

Les unités de compte tirent la collecte
Le détail du mois confirme le rôle moteur des supports en actions et en obligations. Sur les 4 milliards de collecte nette, 2,8 proviennent des unités de compte et 1,2 des fonds en euros. Les cotisations brutes, elles, restent stables à 14 milliards d'euros, un niveau identique à celui de mai 2025 : les versements sur les fonds en euros progressent de 1 %, ceux sur les unités de compte reculent de 3 %. Depuis janvier, ces cotisations totalisent 88,5 milliards, en progression de 7,8 milliards, soit 10 % de plus qu'un an plus tôt, une hausse partagée entre unités de compte, à plus 11 %, et fonds en euros, à plus 9 %. La part des supports en unités de compte dans ces versements ressort à 34 % en mai et à 38 % depuis le début de l'année.
 

Du côté des sorties, les prestations versées en mai s'établissent à 10 milliards d'euros, en recul sous l'effet d'une baisse de 5 % sur les fonds en euros, tandis que les rachats sur unités de compte demeurent stables. Sur cinq mois, ces prestations atteignent 59,8 milliards, en hausse de 1 % seulement, la légère progression des unités de compte compensant un tassement sur les fonds en euros. La combinaison d'une collecte solide et de sorties contenues fait grimper l'encours total des contrats à 2 162 milliards d'euros à fin mai, en progression de 5,7 % sur un an, soit près de 120 milliards supplémentaires en douze mois. La domination retrouvée des unités de compte dans la collecte signale au passage une prise de risque plus marquée des épargnants, à rebours de la préférence traditionnelle pour la sécurité des fonds en euros.
 

Le réservoir des vieux PEL
Une réserve de carburant attend encore l'assurance vie. Le Cercle de l'Épargne pointe la réallocation des plans épargne logement de plus de quinze ans arrivés à échéance. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours de 93 milliards d'euros, une manne qu'une partie des épargnants réorientera vraisemblablement vers les contrats d'assurance vie à mesure que ces plans anciens perdent leur intérêt fiscal et leur rendement d'origine. Ce transfert progressif d'épargne longue vers l'assurance vie pourrait alimenter la collecte plusieurs années durant, à mesure que ces générations de plans logés dans les livres des banques cherchent une nouvelle destination.
 

Face à cette dynamique, la remontée attendue du Livret A, dont le taux devrait gagner 0,3 point au 1er août, paraît peu susceptible de renverser la tendance. Les assureurs continuent par ailleurs de servir des taux bonifiés sur les fonds en euros, en moyenne supérieurs d'un point à ceux annoncés au départ, de quoi soutenir l'attractivité des contrats. Pour Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne, le placement conserve un avantage comparatif que la concurrence de l'épargne réglementée ne parvient pas à entamer.
 

Sources : France Assureurs ; Cercle de l'Épargne, communiqué de Philippe Crevel, résultats de l'assurance vie mai 2026 (1er juillet 2026).