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Défaillances d'entreprises : le cap des 37 700 faillites franchi à mi-année

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Avec 17 486 procédures ouvertes au deuxième trimestre, les défaillances d'entreprises progressent encore de 5,4 % sur un an, selon l'étude trimestrielle du cabinet Altares publiée le 16 juillet. Les très petites structures et les jeunes sociétés concentrent l'essentiel des difficultés, ce qui limite paradoxalement la casse sociale.
 

Un chiffre résume le trimestre : 11 591. C'est le nombre de liquidations judiciaires directes prononcées entre avril et juin, soit plus des deux tiers des jugements. Quand une entreprise arrive aujourd'hui devant le tribunal de commerce, elle est le plus souvent déjà condamnée. Les 349 procédures de sauvegarde, censées intervenir en amont des difficultés, ne pèsent plus que 2 % de l'ensemble des jugements, contre plus de 3 % en 2023.
 

Au total, 17 486 défaillances ont été enregistrées au deuxième trimestre 2026, en hausse de 5,4 % sur un an, d'après les données provisoires arrêtées au 1er juillet par Altares. Depuis janvier, 37 700 entreprises sont tombées, soit 1 500 de plus qu'au premier semestre 2025. Le rythme décélère depuis plusieurs mois, mais le volume reste supérieur d'environ 40 % aux niveaux d'avant-Covid, quand les défaillances trimestrielles ne dépassaient pas 13 000. Seule consolation, l'impact sur l'emploi recule : 58 830 postes sont menacés, en baisse de 9,5 % sur un an, loin des 69 500 emplois du deuxième trimestre 2024.
 

Les TPE et les jeunes pousses en première ligne
L'explication de ce paradoxe tient à la taille des entreprises qui tombent. Les structures de moins de trois salariés concentrent 75 % des procédures collectives, avec 13 185 défaillances, en hausse de 8,3 % sur un an. Ces tensions de trésorerie persistantes ne se retrouvent pas chez leurs aînées : les entreprises de 3 à 19 salariés voient leurs défauts reculer de 3,3 %, à 3 769 procédures. Chez les sociétés d'au moins 20 salariés (532 procédures, +2,9 %), les liquidations directes reculent même de 12,2 %, au profit des redressements et des sauvegardes, ce qui laisse entrevoir davantage de poursuites d'activité.
 

L'âge compte autant que la taille. Les entreprises de moins de trois ans voient leurs défaillances bondir de 12,7 %, à 2 248 procédures, dont plus des trois quarts se soldent par une liquidation directe. Contrairement à une idée reçue, 93 % de ces jeunes structures ne sont pas des micro-entrepreneurs mais des sociétés commerciales, souvent positionnées sur la restauration, la vente et la réparation automobile.
 

Promotion immobilière et automobile, les deux points noirs
Par secteur, la construction affiche une stabilité trompeuse (4 148 défaillances, -0,8 %). Le gros œuvre respire (-12,4 %), porté par la maçonnerie et la maison individuelle, et le second œuvre suit (-5,5 %). Mais la promotion immobilière explose : 276 défaillances, en hausse de 87,8 %, tirées par l'envolée des défauts de supports juridiques de programmes (+180 %), dont plus de la moitié sont des sociétés de construction vente détenues par HPL Groupe. 

 

Les travaux publics se dégradent aussi (+8,8 %). Dans le commerce (3 466 défaillances, +1,9 %), l'automobile concentre les difficultés, avec des défauts en hausse de 11 % dans le négoce de voitures et de 28 % dans l'entretien-réparation. Les librairies flambent (+58 %), le sport et loisirs se dégrade (+17 %), tandis que l'habillement (-14 %) et l'équipement du foyer (-6 %) se redressent. Les services décrochent et le monde agricole reste sous tension, pendant qu'Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième pôle économique du pays, demeure dans le rouge alors que la moitié des régions repasse au vert. La rentrée dira si la décélération engagée se confirme ou si le troisième trimestre rejoue la même partition.